>>Lapérouse et la poétique du journal de bord, par Lise Andries

10 décembre 2016
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Lapérouse et la poétique du journal de bord


Lise Andries
CNRS (CELLF-CNRS-Université de Paris-Sorbonne)

Plusieurs grandes expéditions maritimes autour du monde furent organisées par les États européens dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Ces expéditions avaient à la fois des buts politiques et commerciaux, et des buts scientifiques. Il s’agissait en particulier d’observer les mœurs des populations rencontrées : la science de l’homme, au sens moderne du terme, était en train de se construire dans ces dernières décennies du XVIIIe siècle et elle était au cœur de l’aventure des Lumières. Les officiers de marine avaient à leur disposition, après les années 1760, des outils techniques et des savoir-faire qui facilitèrent une meilleure connaissance du globe : la mise au point des horloges marines en Angleterre en 1761 et en France en 1768 permit de compléter le calcul des latitudes (connu depuis l’Antiquité) par celui des longitudes. C’est aussi pendant cette période que l’on apprit à mieux résoudre les problèmes de santé que posaient pour les équipages les navigations au long cours, et tout particulièrement le scorbut dû à la carence en vitamines.

Je m’attacherai plus particulièrement aux expéditions maritimes anglaises et françaises entreprises dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, celle de Bougainville de 1766 à 1769 (d’Argentine à Tahiti), de James Cook en 1768-1771, 1772-1775 et 1776-1779, et surtout de Lapérouse. Dernière grande expédition française du XVIIIe siècle, le voyage de Lapérouse se déroula de 1785 à 1788 à bord de deux navires, La Boussole et L’Astrolabe et se termina par le naufrage et la disparition des équipages au large de Vanikoro, l’une des îles Salomon, près de la Nouvelle Guinée. Après avoir évoqué rapidement les grandes étapes de ce périple, je centrerai mon analyse sur le journal de bord de Lapérouse et ses modalités d’écriture, en le comparant avec les journaux de bord de Bougainville et de James Cook, textes qui ont bénéficié récemment d’éditions scientifiques [1] .
Gravure G. B. Bosio - D. K. Bonatti

Précisons à quoi correspondent ces « journaux de bord ». En France, les officiers de la Marine royale sont tenus, depuis les ordonnances de 1681 et de 1685, de rédiger un journal. Des journaux de bord pré-imprimés leur permettent d’indiquer par colonne séparée les vents, la direction du bateau, sa vitesse, les latitudes et les longitudes [2]. Mais il est aussi demandé aux capitaines de rédiger des commentaires au jour le jour qui accompagnent le journal de bord et d’en adresser le duplicata sous forme de lettres, aussi régulièrement que possible, aux Autorités dont ils dépendent. Si les journaux de bord techniques de La Boussole et de L’Astrolabe ont disparu lors du naufrage, les lettres de Lapérouse adressées au Maréchal de Castries, ministre de la Marine, constituent à vrai dire son propre journal de bord. Elles sont accompagnées de cartes et de dessins Comme le rappelle Pierre Berthiaume dans L’Aventure américaine au XVIIIe siècle : 31, « La rédaction du journal de navigation demande à l’homme d’épée qu’est l’officier de marine de penser son discours autant en homme de plume qui doit répondre de sa gestion, qu’en navigateur, appelé à rendre compte de ses observations aux géographes et aux cartographes du roi. » Bientôt on lui demandera aussi d’être philosophe.

L’expédition maritime dont Lapérouse [3] reçoit le commandement en 1785 est la plus importante qui ait été entreprise par la monarchie française. Elle fut préparée avec discrétion dans le cabinet même du roi Louis XVI qui s’intéressait de près aux techniques de la navigation et à la géographie du globe [4]. Le Mémoire du Roi contenant les instructions destinées à Lapérouse fut relu et annoté par Louis XVI lui-même. Malgré les difficultés financières du royaume, causées principalement par les dépenses de la guerre d’Amérique, Louis XVI n’avait pas hésité à consacrer « plus d’un million de livres pour mettre en mer une expédition généreuse » [5] dont le but était en grande partie scientifique. L’expédition avait certes des visées commerciales et politiques mais elle devait aussi répondre aux attentes du monde intellectuel et permettre, en particulier, de combler les lacunes laissées par James Cook lors de ses trois voyages autour du monde. Il est vrai qu’une rivalité intellectuelle autant que diplomatique et militaire opposait alors la France et l’Angleterre et que cette dernière avait tiré un prestige considérable des découvertes de Cook. Il s’agissait donc de faire mieux encore.
Louis XVI donnant ses instructions à La Pérouse, par Nicolas-André Monsiau

Le Mémoire du Roi est composé de cinq parties dont deux constituent un véritable programme scientifique, la première intitulée « Itinéraire suivant l’ordre des découvertes qu’il s’agit de faire ou de perfectionner » et la troisième traitant des « Opérations relatives à l’Astronomie, à la Géographie, à la Navigation, à la Physique et aux différentes branches de l’Histoire naturelle »(op. cit : 34) . Il est suivi d’un Mémoire rédigé par l’Académie des sciences, lui-même complété par des Questions proposées par la Société de médecine concernant la taille des hommes et des femmes, la couleur de leur peau, la forme de la tête et du crâne, l’âge de la puberté pour les femmes, les techniques d’accouchement, les maladies etc. Le Mémoire de l’Académie des sciences a été rédigé sous la responsabilité de Condorcet, Lavoisier s’étant occupé plus particulièrement de tout ce qui concernait la qualité de l’eau et de l’air. Jussieu, Buffon, Vicq d’Azyr pour la médecine ont suivi de près les préparatifs de l’expédition, aidant même à désigner les savants qui en feraient partie. Lapérouse dirige donc une expédition préparée avec l’aide des plus grands scientifiques du temps.

L’une des missions de l’expédition est aussi de développer les échanges internationaux, à un moment crucial pour la politique étrangère française : la Compagnie française des Indes orientales et de la Chine vient d’être créée en remplacement de l’ancienne Compagnie française des Indes orientales mise en sommeil après la Guerre de Sept ans et il est important de lui trouver de nouveaux comptoirs et de nouveaux débouchés [6] . Sont particulièrement visés le commerce des fourrures sur la côte ouest du Canada (où les Anglais sont déjà actifs) et les possibilités éventuelles d’échanges avec le Japon. Rien ne signale cependant une volonté d’hégémonie coloniale : nulle part n’est indiquée l’obligation de prendre possession des nouveaux territoires au nom du roi. Il en avait été tout autrement pour Bougainville qui, en 1766, avait reçu de Choiseul, ministre de la Marine, l’ordre de fonder des colonies destinées à compenser les pertes subies à la fin de la guerre de Sept Ans. Le Mémoire insiste plutôt sur l’intérêt d’observer les populations rencontrées, leurs mœurs, leurs usages, leur type de gouvernement. La Quatrième partie intitulée « De la conduite à tenir avec les naturels du pays » appelle à traiter avec humanité ces derniers et se termine ainsi : « Sa Majesté regarderoit comme un des succès les plus heureux de l’expédition, qu’elle pût être terminée sans qu’il en eût couté la vie à un seul homme. [7] »

Lapérouse quitte Brest le 1er août 1785. Il est à la tête de La Boussole, un trois-mâts armé de douze canons, sur lequel embarquent 109 hommes dont 8 « civils », c’est-à-dire les savants, astronomes, botanistes, ingénieurs et dessinateurs qui font partie de l’expédition scientifique. Fleuriot de Langle, son second, commande L’Astrolabe où ont pris place 113 hommes.

Passant par Madère et les Canaries, les bateaux atteignent Rio de Janeiro en octobre 1785, descendent le long du Chili et de la Terre de Feu et parviennent à l’île de Pâques en avril 1786. La Boussole et L’Astrolabe remontent ensuite la côte Pacifique jusqu’en Alaska, explorent la côte californienne et traversent l’océan Pacifique en septembre 1786 pour rejoindre Macao qu’elles atteignent en janvier 1787. Après une longue escale à Manille, Lapérouse pénètre dans la mer du Japon, longe la côte mandchoue et l’île de Sakhaline où il rencontre des Aïnus. C’est le premier Européen qui aborde sur ces côtes [8]. Les navires font route ensuite pour le Kamtchatka puis ils descendent vers les îles Samoa en décembre 1787 et perdent douze membres de l’équipage parmi lesquels se trouve Fleuriot de Langle, tué dans une embuscade par les insulaires. Comme Lapérouse l’écrit avec douleur dans son journal, « Son humanité avoit causé sa mort. » [9] L’expédition parvient ensuite en Australie, dans la baie de Sydney (Botany Bay) où elle rencontre une flottille anglaise. La dernière lettre de Lapérouse est datée du 26 janvier 1788. Cette lettre ainsi que tous les documents de l’expédition depuis le départ du Kamtchatka sont remis à l’un des officiers anglais qui doit appareiller pour l’Europe. Après cette date, on perd la trace des deux bateaux. C’est il y a quelques années seulement que les épaves de La Boussole et de L’Astrolabe ont été clairement identifiées.

Malgré la fin malheureuse de l’expédition, Lapérouse accomplit la presque totalité de son voyage et ses lettres, rédigées régulièrement d’août 1785 à janvier 1788 [10], permettent d’en reconstituer les circonstances. Adressées au roi et à son ministre de la Marine, elles sont aussi écrites pour être publiées et répondre au jugement de l’opinion publique et de la postérité. En fait preuve leur division en chapitres numérotés précédés d’une préface qui amorce une réflexion sur l’écriture :
J’aurois pû confier la rédaction de mon journal à un homme de lettres, il eût été plus purement écrit, et semé de refflections auxquelles je n’aurois jamais pensé, mais c’étoit se presenter avec un masque, et les traits naturels, quels qu’ils soyent m’ont paru préférables. [11]

La comparaison du journal de bord de Lapérouse avec ceux de Bougainville et de James Cook devrait, je l’espère, en dégager la spécificité et mettre en lumière une évolution des catégories esthétiques à propos de textes qui peuvent être considérés comme de véritables œuvres littéraires. Une différence notable doit cependant être soulignée d’emblée : ni Bougainville, ni Cook ne publièrent leurs journaux de bord tels qu’ils les avaient rédigés pendant leur voyage, même s’ils s’en inspirèrent directement. Bougainville fit paraître son Voyage autour du monde en 1771 deux ans après son retour, ouvrage qui enrichit considérablement et nuance le journal de bord, et Cook ne publia lui-même que le récit de son deuxième voyage, une version remaniée de son journal. Il est certain que Lapérouse aurait réécrit son journal si la vie lui en avait laissé le temps.

La lecture des journaux de bord des trois navigateurs montre d’abord qu’il s’agit de palimpsestes : chacune des pages nouvelles qu’ils inscrivent dans l’histoire du monde garde la mémoire de ce que leurs prédécesseurs ont écrit et prend place dans une continuité narrative. Bibliothèques de bord et bibliothèques intériorisées accompagnent une écriture qui mentionne régulièrement les récits de voyage antérieurs : James Cook a lu le Voyage autour du monde de Bougainville, Lapérouse l’ouvrage de Bougainville et les traductions des trois voyages de Cook, mais également les relations de Dampier, de Chappe d’Auteroche et d’Anson qui se trouvent à bord de La Boussole. Les références de lecture des trois navigateurs ne sont cependant pas identiques : en dehors des récits de voyage, les souvenirs livresques de Bougainville concernent majoritairement les auteurs de l’Antiquité et la littérature classique, alors que ceux de Cook et de Lapérouse sont bien davantage orientés vers les ouvrages techniques, avec chez Lapérouse un intérêt particulier pour les écrits des philosophes du siècle des Lumières. On connaît d’ailleurs la composition de la bibliothèque de bord de La Boussole : aux côtés des relations de voyage et des traités d’astronomie et de navigation, il y avait l’Histoire naturelle de Buffon, le Système de la nature de Linné, l’Origine des langues de Court de Gébelin. [12] Lapérouse qui possédait chez lui les bustes de Voltaire et de Rousseau avait en outre demandé à emporter à titre personnel une édition de l’Encyclopédie. [13] Autre importante référence, qui apparaît en filigrane dans le journal de Lapérouse, l’Histoire des deux Indes de l’abbé Raynal dans l’édition de 1780 à laquelle Diderot a largement contribué. Lors de l’escale de Manille en avril 1787, Lapérouse écrit par exemple : « J’ai vu à Manille cet honête et vertueux gouverneur des Marianes, ce Mr Tobias, trop célébré pour son repos par l’abbé Rainal, poursuivi par les moines qui ont suscité contre lui sa femme en le peignant comme un impie. » [14] Beaucoup des réflexions politiques de Lapérouse semblent d’ailleurs provenir de l’Histoire des deux Indes, en particulier lorsqu’il évoque le commerce de l’Europe avec la Chine, ou la faiblesse des colonies espagnoles dans le Nouveau Monde, victimes du fanatisme des prêtres et de l’impéritie des administrateurs. Si les récits de voyage sont largement présents, comme on sait, dans la bibliothèque des philosophes, on voit donc que les œuvres des philosophes sont également présentes dans la bibliothèque des navigateurs.

Les journaux de bord rendent également compte d’une réflexion sur l’écriture et sur le statut même du récit de voyage. Comme Lapérouse, Bougainville revendique dans la préface de son journal le droit de rédiger lui-même le compte rendu de son voyage au nom de l’exactitude scientifique : « C’est pitié », écrit-il, « que la manière dont les écrivains à beau style traduisent les journaux des marins. Ils rougiroient des bêtises et des absurdités qu’ils leur prêtent, s’ils avoient la moindre teinture de la langue seule de la marine » [15]. Mais la lecture du journal de Bougainville, et plus encore son Voyage autour du monde, montrent que la tentation littéraire reste forte et que le navigateur se reconnaît, au fond, des talents identiques à ceux de l’homme de lettres. Imprégné de la culture classique des Anciens, le journal de Bougainville est un itinéraire maritime dont les sources sont davantage fictionnelles que référentielles et qui s’inspire de l’Enéide de Virgile et du Télémaque de Fénelon. A Tahiti, la description des paysages doit beaucoup aux décors de bergerie de la pastorale, et à la peinture du temps, celle en particulier de Watteau et de Boucher. Bougainville appelle d’ailleurs l’île la « Nouvelle Cythère », souvenir à la fois de la mythologie antique qui fait de Cythère le lieu de naissance d’Aphrodite, et de la toile de Watteau, « Le pèlerinage à Cythère », qui reprend le thème galant de l’île d’amour.

Avec James Cook, la dimension littéraire disparaît du journal de bord. Des raisons d’ordre sociologique expliquent en partie cela : contrairement à Bougainville qui, comme Lapérouse, est un officier de marine issu de la noblesse cultivée, Cook vient d’un milieu paysan et commence sa carrière comme simple matelot. Son journal de bord ne comporte ni préface, ni retour réflexif sur l’écriture. Il ne songe d’ailleurs pas à le publier lui-même dans un premier temps et c’est à Hawkesworth, un homme de lettres, que la tâche est confiée. Pourtant le journal de bord de James Cook constitue une enquête ethnologique remarquable, en conformité d’ailleurs avec ce qui lui est demandé par l’Amirauté et la Royal Society. Une grande importance est accordée en particulier aux costumes, aux fêtes, aux rites, aux mœurs et au langage des civilisations rencontrées. Ces développements prendront plus d’ampleur dans le second voyage qui sera cette fois publié par Cook lui-même, comme s’il s’octroyait le droit de faire entendre sa propre voix. Mais, contrairement à Bougainville et à Lapérouse, il n’écrira pas sa relation de voyage à la première personne, choisissant la position neutre d’un narrateur à distance. Dans la préface de son journal de bord, Lapérouse rend hommage à la qualité d’écriture de Cook et regrette les déformations apportées par Hawkesworth :
J’ai plusieurs fois regretté, en lisant les deux derniers ouvrages du capitaine Cook, qu’il eut emprumpté une plume étrangère pour le premier : ses descriptions des mœurs, des usages, des arts des différens peuples, ne m’ont jamais rien laissé à désirer ; et les détails de sa navigation, m’ont toujours offert le trait de lumiere, que j’y cherchois pour guider la mienne. [16]

James Cook en revanche n’est pas tendre avec Bougainville. Il considère que le Voyage autour du monde (traduit en anglais dès 1772) n’est pas une enquête sérieuse sur Tahiti. Cook met en doute la disponibilité sexuelle des femmes (sauf lorsque les rapports sont tarifés) et la vision édénique d’un communisme agraire où les fruits de la terre appartiendraient à tous. Il rappelle aussi que le navigateur français n’est resté que dix jours à Tahiti alors que lui-même y a séjourné plusieurs mois [17] Utile et amusant mais plein d’erreurs, voici comment Cook juge le récit de voyage de Bougainville.

Pour Lapérouse, le grand navigateur et le modèle reste sans conteste Cook. Tout au long de son voyage, Lapérouse se réfère à lui. Joseph Banks avait remis à Lapérouse au moment de son départ, au nom de la Royal Society, deux des boussoles marines qui avaient servi lors du troisième voyage de Cook, une filiation symbolique à laquelle Lapérouse tenait beaucoup. James Cook marque en effet un tournant dans l’histoire des voyages au XVIIIe siècle. Apportant la preuve définitive que l’existence d’un grand continent austral était un mythe, il révolutionne la navigation autour du monde mais il en révolutionne aussi l’écriture. Celle-ci quitte la littérature pour prendre le parti de l’objectivité dans la description des peuples. Cook fait mesurer les corps et les monuments, rapporte, ainsi que ses compagnons de voyage, une collection impressionnante d’objets et d’outils [18], s’intéresse aussi bien aux techniques de tatouages qu’aux hiérarchies sociales des sociétés rencontrées. Les relations de ses voyages sont en outre illustrées de gravures inspirées de la même thématique.

Si, selon Michèle Duchet, il existe un avant et un après l’Encyclopédie dans les relations de voyage publiées au XVIIIe siècle à cause de l’importance nouvelle accordée aux techniques et aux métiers [19] , on peut en dire autant des voyages de Cook qui marquent, eux aussi, un point de rupture. C’est à cause de Cook et de la dimension ethnologique de son travail que le Mémoire du roi demande à Lapérouse de
[…] recueillir les curiosités naturelles, terrestres et marines […] ; il les fera classer par ordre, et fera dresser, pour chaque espèce, un catalogue raisonné, dans lequel il sera fait mention des Lieux où elles auront été trouvées, de l’usage qu’en font les Naturels du Pays.[…] Il fera pareillement rassembler et classer les habillemens, les armes, les ornemens, les meubles, les outils, les instrumens de musique et tous les effets à l’usage des divers Peuples qu’il visitera ; et chaque objet devra porter son étiquette, et un numéro correspondant à celui du Catalogue. (Le voyage de Lapérouse 1785-1788, I : 36)

"Collerette militaire des insulaires des mers du sud"

Dans son journal de bord, Lapérouse place donc la science de l’homme au cœur de ses réflexions. A propos de la description d’une scène de défloration aux îles Samoa, il écrit avec un sérieux mêlé d’humour : « Comme l’histoire de notre voyage peut ajouter quelques feuilléts à celle de l’homme, je n’en écarterai pas des tableaux qui seroient indescents dans tout autre ouvrage » (op. cit., II : 227). Sur la côte mandchoue, près du fleuve Amour, il fouille une tombe et découvre « un petit sac de nankin bleu, plein de riz » pour se nourrir dans l’au-delà, qu’il remet ensuite à sa place avec précaution. Ailleurs il se livre à des essais d’ethnologie comparée en rapprochant des objets collectés sur la côte mandchoue de ceux qu’il avait pu voir au Canada. Ce sont « des petits paniers d’écorce de bouleau cousus avec du fil et absolument semblables à ceux des Indiens du Canada. » (ibid. : 311)

A la suite de Buffon qui, dans l’Histoire naturelle de l’homme, place la race blanche vivant dans les régions tempérées au sommet de la hiérarchie des êtres, Lapérouse fait des Aïnus vivant dans l’île Ségalien (Sakhaline) une race supérieure parce qu’ils ont la peau blanche. Il écrit ainsi en août 1787 :
Je crois que [l’origine] des Bitchys, des Orotchys, et des autres Tartares du bord de la mer jusques aux environs de la côte septentrionale du Ségalien leur est commune avec les Kamtschadales, les Kuriaques et ces espèces d’hommes qui comme les Lapons et les Samoyedes sont à l’espece humaine ce que leurs bouleaux et leurs sapins rabougris sont aux arbres des forêts plus meridionales ; les habitans de l’isle Segalien sont au contraire très superieurs par leur physique aux Japonnois, aux Chinois, et aux Tartares Manchoux ; leurs traits sont plus reguliers et approchent d’avantage des formes européennes. (ibid. : 367)

On ne peut s’empêcher de penser ici aux utopies américaines de l’abbé Prévost dans Cleveland, aux féroces et anthropophages Abaquis qui s’opposent aux doux Nopandes dont les femmes « étaient comme leurs maris beaucoup plus blanches que le commun des sauvages » [20].

Il n’est pas douteux que Lapérouse ait tenté de répondre avec autant de rigueur que possible aux multiples demandes émanant à la fois du roi et de ses conseillers, et du monde savant. Cependant, ce qui frappe est la liberté de ton du journal, la sincérité et le refus de toute rhétorique. Ceci concerne aussi bien l’expression de la sensibilité que l’authenticité d’une écriture narrative au plus près de l’expérience quotidienne : « Les refflections [de l’homme de lettres] », écrit-il dans sa préface, « n’ont pas cette instabilité, qui nait des plus petittes circonstances ; l’homme de lettres, finit par écarter en quelque sorte le voyageur, et, s’il a des préjugés, il ne prend dans le journal, que les faits qui sont propres à les faire generalement adopter : c’est pour éviter cet écueil, que j’ai reffusé tout secours étranger. » (Le voyage de Lapérouse 1785-1788, II : 2). Certes tout journal de bord, par le fait même qu’il donne à lire les notations du navigateur, conduit à la mise en scène de soi et participe, comme la relation de voyage, « à la construction de la narration romanesque à la première personne », ainsi que l’écrit Jean-Michel Racault [21]. Mais Lapérouse va plus loin : il fait de son journal le récit de sa vie et trouve parfois les accents d’une véritable confession. En cette fin du XVIIIe siècle où l’écriture de soi acquiert ses lettres de noblesse, le journal de Lapérouse entre ainsi en résonance avec la production littéraire et les choix esthétiques du temps, depuis les Confessions de Jean-Jacques Rousseau (qu’il récusait comme philosophe) jusqu’à l’Obermann de Sénancour.

L’engagement personnel apparaît dans ses prises de position anticléricales, par exemple à propos du fanatisme des moines, et dans la condamnation du colonialisme, particulièrement remarquable chez un officier de marine envoyé par le roi à la découverte de nouveaux territoires. Lapérouse écrit ainsi à propos de l’île Maui, une des îles Hawaï :
Quoique les François soyent les premiers qui dans ces derniers temps eussent abbordé sur l’isle de Mowee, je ne pris pas possession de cette isle au nom du Roy ; les usages des Europeens à cet égard sont trop completement ridicules, et les philosophes de ce siecle doivent voir avec douleur que, parce qu’on a des fusils et des canons, on compte 60.000 habitants pour rien, qu’on ne respecte pas leurs droits sur une terre, qui depuis peut-être mille siecles, sert de tombeau à leurs ancêtres, qu’ils ont arrosé de leur sueur, et dont ils arrachent les fruits. ( Le voyage de Lapérouse, 1785-1788 , II : 99)

Réflexion très proche de l’esprit de l’Histoire des deux Indes et du Supplément au voyage de Bougainville où Diderot s’insurge contre ceux qui prennent possession des terres : « Ce pays est à toi, et pourquoi ? Parce que tu y as mis les pieds ! Si un Tahitien débarquait un jour sur nos côtes et qu’il gravât sur une pierre « Ce pays est aux habitants de Tahiti, qu’en penserais-tu ? » [22]

On retrouve la même tonalité personnelle dans la manière dont le récit rend compte des émotions et des mouvements de l’âme du narrateur. Ce n’est d’ailleurs pas le moindre des paradoxes du journal de Lapérouse que de laisser place à une écriture de l’épanchement de soi, au beau milieu de pages dédiées aux manœuvres maritimes. Lapérouse évoque ainsi ses enthousiasmes : « Nous brulions d’impatience d’aller reconnoître cette terre [la Mandchourie] dont notre imagination s’étoit occupée depuis notre départ de France » (op. cit. II : 309), ou ses regrets : « Je voyois avec douleur qu’un plan si vaste ne laissoit que le temps d’apercevoir les objets, et jamais celui d’éclaircir aucun doute. (ibid. août 1786 : 163)
"Insulaires et Monumens de l’île de Pâque"

A cause de cette écriture de soi, si présente tout au long du journal, Lapérouse se montre moins bon ethnologue que Cook, son modèle. Il porte des jugements, exprime ses préférences et ses déceptions. À propos des statues de l’île de Pâques que Cook s’était contenté de mesurer en se gardant d’émettre un jugement, Lapérouse considère que « Ces bustes colossals prouvent bien peu de talens chez ces insulaires pour la sculpture » (ibid. : 71). Surtout, il se livre à des comparaisons avec le monde dont il vient qui révèlent la nostalgie du navigateur au long cours, désireux de lire des signes familiers et rassurants, même dans les terres et les civilisations qui lui sont les plus étrangères. Ainsi s’émerveille-t-il de voir pousser le long du fjord de Port des Français en Alaska « parmi ces plantes potageres, presque toutes celles des prairies, et des montagnes de France ; l’angelique, le bouton d’or, la violette » (ibid. : 143). De la même façon, il reconnaîtra dans les isbas du Kamtchatka une forme identique à celle « des chaumières de nos paÿsans » (ibid. : 409) et il dira du cabotage à pirogue de Sakhaline aux îles Kouriles que « Cette navigation est si seure (sûre) comme sur le canal du Languedoc » (ibid. : 383). Mais peut-il en être autrement ? Comme le rappelle Michèle Duchet dans Anthropologie et histoire au Siècle des Lumières, « Ce n’est qu’à travers sa propre culture que l’Européen perçoit la réalité du monde sauvage. [23] »
"Costumes des habitans de la Baie des Castries"

Cette manière pour le navigateur de se mettre en scène est probablement aussi un moyen de contourner les difficultés inhérentes à ce type de récit. Lapérouse doit en effet rédiger à la fois un récit qui plaise à l’homme du monde, et un compte rendu utile pour les navigateurs qui lui succèderont. Exercice d’écriture complexe qui, malgré ses aspects techniques, jouxte le livre d’aventures ou doit s’efforcer d’en approcher pour ne pas ennuyer le lecteur. Cette tension narrative liée à l’existence de deux types de lectorat, mondain et savant, est perceptible dans le journal. Ainsi Lapérouse écrit-il en juillet 1787, au moment où La Boussole et L’Astrolabe longent dans le plus épais brouillard le détroit de Mandchourie et tentent avec difficulté d’établir le tracé des côtes, « Ces courtes observations, qui paraîtront bien arides au plus grand nombre de nos lecteurs nous ont couté dix jours d’une navigation bien laborieuse au milieu des brumes ; nous croyons que les geographes les trouveront bien employés. » (Le voyage de Lapérouse 1785-1788, II : 305)

La difficulté en somme est de parvenir à faire entrer dans la ligne du récit des détails nautiques qui risquent de créer un temps mort ou de générer l’ennui. Or c’est précisément en personnalisant l’aventure maritime, en plaçant au premier plan le capitaine et son équipage que Lapérouse la rend plus accessible aux lecteurs. La dramatisation des épisodes, tempête en mer, découverte de nouvelles îles, rencontre d’oiseaux migrateurs ou d’animaux bizarres donne par ailleurs au voyage sa coloration romanesque et son rythme, en rompant la monotonie du discours maritime tout en produisant un effet de réel. Le rythme de la narration devient ainsi celui même que dictent la mer et le ciel, au gré des changements météorologiques. Lapérouse décrit par exemple en avril 1787 une tempête violente essuyée près de Taïwan, « Le ciel fut en feu toute la nuit ; les éclairs les plus vifs partoient de tous les points de l’horizon.[…] Nous courûmes vent arrière, sous la misaine et les deux huniers, tous les ris pris, le cap au Sud-Est » (ibid. : 376). Ou bien il évoque des anecdotes amusantes survenues pendant la navigation : le long de la côte de Sakhaline, « Les poissons n’avoient qu’un saut à faire des bords de la mer dans nos marmites » (ibid. : 313) et ailleurs « Nous avons été toute la nuit environéz de baleines, elles nageoient si prèz de nos fregattes qu’elles jetoient de l’eau à bord en soufflant. » (ibid. : 75) Lapérouse parle aussi, avec un peu de mélancolie, du changement de la couleur du ciel lorsqu’il quitte les côtes européennes, « Peu de jours après notre départ de Ténériffe, nous perdîmes de vue ces beaux ciels qu’on ne trouve que dans les zones tempérées : une blancheur terne, qui tenoit le milieu entre la brume et les nuages, domina toujours. » (ibid. : 23)

La place accordée aux émotions conduit Lapérouse vers une écriture aux accents parfois lyriques, surtout lorsque la nature est décrite. On ne trouve cependant chez lui ni le concept préromantique d’une nature bienveillante, ni le sentiment, développé par Jean-Jacques Rousseau, que l’être humain est naturellement bon. Le mythe du bon sauvage est rejeté avec vigueur par Lapérouse comme par beaucoup d’autres navigateurs de la période : « Les philosophes », écrit-il au début de son journal, « font leurs livres au coin de leur feu, et je voyage depuis trente ans. Je suis témoin des injustices, de la fourberie de ces peuples qu’on nous peint si bons, parce qu’ils sont très prèz de la Nature ; mais cette Nature n’est sublime que dans ses masses, elle neglige tous les details ; il est impossible de pénétrer dans les bois que la main des hommes civilisés n’a point élaguées : de traverser les plaines, remplies de pierres, de rochers, et inondées de marais impraticables ; de faire société enfin, avec les hommes qui sortent de ces mains, parce qu’ils sont barbares, mechants, et fourbes » (ibid. : 147).

Lapérouse est davantage sensible à une nature tourmentée et hostile à l’homme qu’à des paysages d’idylle comme ceux décrits par Bougainville à Tahiti ou plus tard Bernardin de Saint Pierre à l’île de France. Il se rapproche en cela des modèles esthétiques qui se développent au tournant du siècle dans le sillage du mouvement picturesque et dont Diderot se fera l’écho dans les Salons publiés dans la Correspondance littéraire de 1771 à 1781. Les paysages du Lake District mis à l’honneur par Gilpin avec leurs sommet et leurs gouffres, les mers démontées et les ciels d’orage de Constable, le tableau d’une nature en mouvement, brouillée de pluies, battue par les vents, ponctuée de châteaux en ruines, annoncent les décors de la période romantique et la rupture avec la conception esthétique classique de la « belle nature » fondée sur l’ordre et l’harmonie. Ainsi Lapérouse écrit-il en septembre 1787 à propos de la côte du Kamtchatka aperçue au loin : « Toute cette côte paroissoit affreuse, l’oeuil se reposoit avec peine et Presque avec effroy sur ces masses enormes de rochers couverts de neige » (ibid. : 375). Sauvagerie et immensité du paysage trouveront plus tard leur correspondance dans la frénésie des danses kamtchadales, aussi forcenées que « celles des convulsionnaires du fameux tombeau de St Médard » (ibid. : 405). Sont privilégiés l’énergie, la force et le caractère spectaculaire d’une nature marquée par le sublime et l’horreur. La solitude et le silence, la démesure de paysages qui ne sont pas faits pour l’homme sont aussi des caractéristiques de ces nouvelles conceptions esthétiques. Le très beau passage où Lapérouse évoque le silence de Lituya Bay (ancien Port des Français) en Alaska, en est un autre exemple :
Nous avions déjà visité le fond de la baye, qui est peut être le lieu, le plus extraordinaire de la terre. Qu’on se represente un bassin d’eau d’une proffondeur incommensurable au millieu bordé à pic par des montagnes d’une hauteur excessive, couvertes de neige. […] Je n’ai jamais vû un souffle de vent, rider la surface de cette eau, qui n’est troublée que par la chûte d’énormes morçeaux de glace, qui se detachent […] de cinq differents glaciers, et font en tombant, un bruit, qui raisonne au loin dans les montagnes. L’air est si sonore, et le silence si proffond, que la simple voix d’un homme, peut s’entendre à une demi lieuë, ainsi que le bruit de quelques oiseaux de mer, qui ont déposé leurs œufs dans le creux de ces rochers. (ibid. : 123 et 125)
La Boussole et l’Astrobale au mouillage lors de la découverte de Port-des-Français, Alaska. Dessin de Duché de Vancy, juillet 1786

L’analyse du journal de bord de Lapérouse met donc en lumière l’ambiguïté et la complexité d’un récit qui se situe entre l’écriture de soi, le rapport administratif et la relation de voyage, entre la causerie érudite, élégante et spirituelle, et le vocabulaire maritime. Le rôle de la bibliothèque est central dans ce domaine : qu’il s’agisse de livres lus avant ou pendant le voyage, les références de lecture installent une connivence culturelle qui aide le navigateur à acquérir le double statut d’homme de lettres et d’homme du monde écrivant d’abord pour le roi, mais aussi pour le large public et pour la postérité. De Bougainville à James Cook et à Lapérouse, on a pu mesurer l’importance grandissante du discours ethnologique qui trouve véritablement naissance dans ces récits de voyage de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Mais Lapérouse témoigne aussi d’une évolution des conceptions esthétiques : en revendiquant, au nom de l’authenticité, la part de l’intime et l’expression d’une sensibilité personnelle dans son récit, il laisse se réintroduire subrepticement une poétique qui est celle des Lumières finissantes où peut se lire un certain désenchantement et un repli sur soi. En décembre 1787, quelques mois avant son naufrage, il dit l’épuisement de l’aventure en des termes prémonitoires :

A la vérité les derniers mois sont les plus difficiles ; les corps s’affoiblissent, les vivres s’alterent, mais si dans la longueur des voyages de découvertes il est des bornes qu’on ne peut passer, il importe de connoître celles qu’il est possible d’atteindre et je crois qu’à notre arrivée en Europe, l’expérience sera complette. (ibid. : 489)

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Lise Andries nous a aimablement permis de reprendre cet article qui était paru dans Le livre du monde et le monde des livres. Mélanges en l’honneur de François Moureau. Ferreyrolles G. et L. Versini ed.. Paris, Presses Universitaires de Paris Sorbonne, 2012, pp. 535-550.

La plupart des gravures présentées ici sont tirées de l’ouvrage Le Voyage de La Pérouse autour du monde dont les premières pages sont reproduites au cours de l’article.

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La Pérouse et la poétique du journal de bord. de Lise Andries est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

[1] Bougainville et ses compagnons autour du monde 1766-1769. Journaux de navigation établis et commentés par Étienne Taillemite, Paris, Imprimerie Nationale, 1977, 2 volumes ; The Journals of Captain Cook on his voyages of discovery. Edited from the original manuscripts by J. C. Beaglehole & al. ... Cambridge, Cambridge University Press, 1955-1968, 4 volumes ; Le voyage de Lapérouse 1785-1788. Récits et documents originaux présentés par J. Dunmore et M. de Brossard, op. cit.

[2] Voir Pierre Berthiaume, L’aventure américaine au XVIIIe siècle. Du voyage à l’écriture. Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 1990, pp. 20-22

[3] Le comte Jean-François Galaup de Lapérouse, né à Albi en 1741, s’était couvert de gloire dans les combats des Français contre les Anglais lors de la guerre d’Indépendance américaine

[4] Sur la préparation de l’expédition, voir Le voyage de Lapérouse, tome I : 8 sq ; Catherine Gaziello, L’expédition de Lapérouse 1785-1788. Réplique aux voyages de Cook, Paris, CTHS, 1984

[5] Le voyage de Lapérouse, T. I : 51

[6] Cette société qui est fondée le 3 juin 1785 détient le privilège du commerce au-delà du cap de Bonne-Espérance (monopole confirmé par un arrêt du Conseil le 21 septembre 1786). Voir P. Haudrère, Les Compagnies des Indes orientales : trois siècles de rencontre entre Orientaux et Occidentaux, Paris, Desjonquères, 2006.

[7] Le voyage de Lapérouse 1785-1788, I : 38

[8] Voir L. Andries, "Le voyage de Lapérouse dans la mer du Japon", Dix-Huitième Siècle, nº43, 2011, pp. 557-576

[9] Le voyage de Lapérouse 1785-1788, II : 458.

[10] Elles furent envoyées au roi au gré des escales. Les derniers courriers furent apportés l’un par voie de terre depuis le Kamtchatka, et l’autre par l’un des bateaux anglais rencontrés à Botany Bay.

[11] Le voyage de Lapérouse 1785-1788, II, préface :1.

[12] Voir Hélène Richard, "Les bibliothèques embarquées lors des voyages d’exploration français de la fin du XVIIIe siècle", Le livre maritime au siècle des Lumières. Édition et diffusion des connaissances maritimes (1750-1850). Textes réunis par A. Charon, T. Claerr et F. Moureau, Paris, PUPS, 2005, pp. 173-185.

[13] Voir C. Gaziello, 156.

[14] Le voyage de Lapérouse 1785-1788, II : 267. L’histoire des deux Indes consacre un long passage à la sage administration des Mariannes par son gouverneur, M. Tobias, dans son édition de 1780, II, livre VI : 98-99.

[15] Bougainville et ses compagnons autour du monde, I . 281.

[16] Le voyage de Lapérouse 1785-1788, II :2.

[17] The Journals of captain James Cook on his voyages of discovery, II, part I : 235 :.

[18] Une exposition organisée en 2010-2011 a permis de réunir un certain nombre de ces objets. Voir le catalogue de l’exposition, James Cook et la Découverte du Pacifique, Paris, Imprimerie Nationale, 2010.

[19] M. Duchet, Avant et après l’Encyclopédie, Paris, Albin Michel, 1971.

[20] Abbé Prévost, Cleveland, édition présentée, établie et annotée par J. Sgard et P. Stewart, Paris, Desjonquères, 2006, livre 14 : 923

[21] J. M. Racault, "Les jeux de la vérité et du mensonge dans les préfaces des récits de voyages imaginaires à la fin de l’Âge classique 1676-1726", in Métamorphoses du récit de voyage, F. Moureau éd., Paris-Genève, Champion-Slatkine, 1986 : 89-90.

[22] Supplément au voyage de Bougainville, Paris, Gallimard folio, 2002 : 40-41.

[23] M. Duchet, Anthropologie et histoire au Siècle des Lumières. Paris, F. Maspéro, 1971 : 15.

Article tiré du site : http://www.ameriquelatine.msh-paris.fr
Rubrique:  Cartes blanches